Éditorial septembre 2018

15 juillet 2018, fin de journée. La France s’embrase. On pardonne à Hugo Lloris ce ballon qu’il aurait dû anticiper. On chante à tue-tête la gloire de “la frappe de bâtard” de Pavard et le génie de Mbappé. Les bleus ont écrit l’histoire. La deuxième étoile vingt ans après. La victoire de nos 23 jeunes joueurs aurait pu être célébrée des jours encore, si elle n’avait pas été occultée par la fameuse “tempête dans un verre d’eau” comme l’appelle M. Macron. L’affaire Benalla a tenu les français en haleine deux semaines durant. Entre les nouvelles vidéos, les accusations quotidiennes, les rejets de faute, et les réutilisations, le feuilleton ne manquait pas de rebondissements. Si bien que deux versions se sont opposées; pour certains, une affaire d’état; pour d’autres, un coup monté par l’opposition. Nul doute, cependant, que l’affaire Benalla montre des défaillances certaines de l’équipe du Président quant à la sélection de son entourage et la capacité de certains adversaires à se réapproprier le moindre faux pas à leur avantage. Cependant, les enquêtes ont permis de révéler une autre affaire ; le secrétaire général de la Présidence de la République, Alexis Kohler, est accusé de conflits d’intérêts. Ironique que l’on se soit davantage inquiété du recrutement de l’adjoint au chef de cabinet du President, Alexandre Benalla, que de celui de Kohler, lorsque l’on sait que le secrétaire général est souvent surnommé « le deuxième homme le plus puissant de France » ou « vice-président ». Les français sont champions du monde, certes ! Mais malheureusement pas de moralisation de la vie politique … Un été tout en couleur, alors, qui a parfaitement su faire passer à la trappe certaines informations sûrement – et c’est un euphémisme – plus inquiétantes encore. La réélection de l’hyper-président Recep Tayyip Erdoğan en Turquie, fin juin, n’a pas tant fait parler d’elle. Les dérives de son gouvernement sont pourtant bien connues – apparemment pas assez pour bombarder nos téléphones d’alertes médiatiques. Le 1er août, là encore, une unique alerte sur notre smartphone. La Terre atteignait pourtant son jour de dépassement, date à laquelle nous avons consommé tout ce que la Terre peut produire en un an, et nous entamons le pillage irréversible des réserves naturelles. Chaque année, le jour du dépassement pointe son nez plus tôt. Le calcul contesté de cette date montre néanmoins l’étendue de notre surconsommation. Mais heureusement, les Bleus sont champions du monde. Ils sont, pour beaucoup, dans la vingtaine. Doit-on comprendre que c’est à la jeunesse d’écrire l’histoire ?

Margot BRUNET et Dylan LAPLACE MERMOUD

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