Pour le meilleur et pour le pire

La science est capable du meilleur comme du pire, et parfois le pire peut mener au meilleur.

Comment plus de 2000 tests nucléaires aident-ils aujourd’hui à préserver les populations des plus grands mammifères.

Entre 1945 et 1970, une grande quantité de carbone 14 radioactif a été rejeté dans l’atmosphère lors des tests nucléaires menés par les Etats-Unis, l’Union soviétique, la France, le Royaume-Uni et la Chine. Le carbone présent dans l’atmosphère a ensuite été absorbé par les plantes du monde entier, puis par les animaux qui consomment ces plantes.

La quantité de carbone 14 atmosphérique a alors diminué progressivement depuis la fin des essais nucléaires, et les végétaux et animaux en ont moins absorbé. Ainsi, en mesurant la quantité de cet isotope dans une défense d’éléphant, il est possible de déterminer la date de la mort de celui-ci : si l’ivoire date d’après 1989 (année à laquelle le commerce international de l’ivoire a été interdit), il est illégal. En combinant ses informations à des tests ADN, il est possible de retrouver l’origine des défenses, de repérer les zones d’activité des braconniers et de mieux préserver les populations d’éléphants. 

Depuis les années 1990, l’Organisation du traité d’interdiction complète des essais nucléaires (OTICE) a mis en place un réseau mondial de plus de 300 stations pour détecter les ondes sismiques, les ondes acoustiques et les infrasons caractéristiques d’explosions nucléaires, ce qui fut notamment utile pour détecter les essais nucléaires nord coréens en 2017. Ces capteurs basse fréquences collectent une très grande quantité de signaux, un trésor de données scientifiques. Des biologistes marins ont ainsi pu exploiter plus de 15 ans d’enregistrements du réseau d’hydrophones pour estimer la taille et les mouvements de populations de rorquals communs.

Les données de l’OTICE présentent des limites, les hydrophones ne détectent que les fréquences inférieures à 100 hertz, ils ne peuvent donc pas capter les vocalisations des petites baleines ou des dauphins. De plus, les vastes distances entre les capteurs rendent difficile la détermination exacte de la localisation des baleines. Cependant, la meilleure connaissance des populations de différentes espèces de baleines, vulnérables d’extinction, permet déjà d’améliorer l’efficacité de la conservation des plus grands mammifères marins. 

Puissent le barrissement des éléphants et le chant des baleines entrer en écho avec Romain Gary dans Charge d’âme : «Le paradoxe de la science est qu’il n’y a qu’une réponse à ses méfaits et à ses périls : encore plus de science». 

Gustave MOREL

Illustration : Mathilde HOUELLE

 

sources :

Elephants :

Baleines :

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