Imperceptibles et dangereux pour la planète, qui sommes-nous ?

Le terme « invisible » signifie « qui ne peut se voir à l’œil nu ». C’est notamment le cas des microplastiques qui, comme leur nom l’indique, sont de taille microscopique. Ils sont inférieures à 5 mm, et détectables seulement au microscope. Une grande majorité de ces particules proviennent des fibres des vêtements synthétiques, arrachées lors des lavages en machine ; étonnant n’est-ce pas ?

 

Au-delà des rivages remplis de déchets, des tortues marines prisonnières des sacs plastiques flottants en surface ou de morceaux de filets jetés par les marins, nos océans débordent aujourd’hui de ces corpuscules miniatures potentiellement toxiques. En effet, toute la vie marine est impactée par leur présence. C’est ce qu’ont dévoilé de nombreuses études au sujet de leur toxicité, notamment une des première publiée en 2015 dans ScienceDirect. Cette recherche a montré leur impact sur le développement embryonnaire de l’oursin Lytechinus variegatus dont les malformations embryonnaires anormales augmentaient de 58,1 % à 66,5 % en présence de microplastiques dans son environnement proche [Nobre et al. Assessment of microplastic toxicity to embryonic development of the sea urchin Lytechinus variegatus(Echinodermata: Echinoidea). Mar. Pollut. Bull., 92 (1–2) (2015), pp. 99-104. 2015].

Invisibles vous avez dit ? Ils sont pourtant partout et dans une abondance inquiétante. « On pense que chaque année, entre 8 et 12 millions de tonnes de plastiques se répandent dans les océans, dont environ 4 millions de tonnes passent par des fleuves », a déclaré Fred Windsor, doctorant à l’Université de Cardiff. Il est également auteur principal d’une autre étude qui a révélé la présence de microparticules de plastique dans au moins la moitié des insectes aquatiques vivant dans les rivières des Pays de Galles du Sud [Windsor et al. Microplastic ingestion by riverine macroinvertebrates. Sci. Total Environ., 646 (2018), pp. 68-74. 2019].

Vous avez sans doute bien d’autres sources d’inquiétudes que celle liée à votre utilisation de plastiques à ce jour, alors, devrions-nous l’être ? Probablement. Une fois incorporés dans un réseau alimentaire, les microplastiques peuvent avoir des effets pour l’instant inconnus. Lorsqu’ils remontent dans la chaîne alimentaire, ils peuvent devenir de plus en plus concentrés. À titre d’exemple, ils peuvent s’accumuler dans les entrailles des poissons prédateurs de tous les systèmes fluviaux britanniques, où a été réalisée l’étude précédente sur les insectes aquatiques, qui sont mangés par ces poissons … Mais qui mangent ces poissons ? Nous. Or, les bactéries sont capables de s’attacher à ces microparticules avant d’être ingérées. De plus, ces microorganismes, par le biais de la création d’un biofilm, vont engendrer un relargage des produits chimiques toxiques contenus dans les plastiques. Ils seront ensuite transmis aux animaux qui les consomment et, finalement, transmis aux Hommes chez qui les effets restent également encore très peu connus.

Vous l’aurez compris, le plastique, à l’état macroscopique comme microscopique, fait parti de notre quotidien. A nous de savoir l’utiliser à bon escient, en réduisant nos emballages et en privilégiant les plastiques recyclables. Une solution encore plus efficace : des plastiques à utilisation longue durée seraient , et non plus les « single use », passés de mode.

 

Alice CARLE

 

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