TouR dU monde : Jacinda Ardern, une femme de tête

Vous avez sûrement déjà entendu parler d’elle. Elle est la Première Ministre néo-zélandaise depuis 2017. Députée, présidente du parti travailliste, puis Première Ministre, elle n’a cessé d’évoluer depuis son entrée en politique. Réélue en 2020 pour un deuxième mandat, elle est femme politique, activiste, épouse, mère… Elle est devenue l’une des chefs d’État les plus remarquées de notre époque. C’est Jacinda Ardern. 

Be strong, be kind

Elle développe un style politique novateur, “be strong, be kind”. Elle dirige son pays d’une main ferme et prône une politique à la fois de compassion et d’action. De nombreux événements majeurs marquent son premier mandat : l’attentat terroriste de la mosquée de Christchurch, une catastrophe naturelle (une éruption volcanique) et, bien évidemment, la pandémie du Covid-19. 

L’attentat de Christchurch est commis le 15 mars 2019 par un immigré australien de 28 ans. Brenton Tarrant, xénophobe, islamophobe et militant d’extrême droite, tue ce jour là 51 personnes et en blesse 49. Il possédait légalement cinq armes dont deux semi-automatiques ainsi qu’un permis de port d’armes depuis 2017. Face à l’attentat le plus meurtrier de Nouvelle-Zélande, Jacinda Ardern agit. En conjuguant une extrême compassion avec les familles des victimes et une réaction immédiate de son gouvernement, elle marque l’histoire législative du pays. Le 19 mars, elle prononce un discours particulièrement remarqué à propos du terroriste, recentrant l’attention sur les victimes de l’attentat : 

He sought many things from his act of terror but one was notoriety and that is why you will never hear me mention his name. He is a terrorist. He is a criminal. He is an extremist, but he will, when I speak, be nameless. (“Il a souhaité beaucoup de choses par son acte de terreur mais l’une d’elle était la notoriété et c’est pourquoi vous ne m’entendrez jamais mentionner son nom. C’est un terroriste. C’est un criminel. C’est un extrémiste, mais il sera, lorsque je parle, sans nom.”) 

Dès le 21 mars 2019, Jacinda Ardern annonce l’interdiction de la vente d’armes semi-automatiques ou approchant dans le pays. Cette mesure est effective depuis avril 2019. Il s’agit d’une véritable révolution et d’une décision répondant à l’urgence d’un pays meurtri. 

En parallèle, sa gestion de la pandémie de Covid-19 est saluée par l’ensemble du pays. Elle promulgue très tôt une quatorzaine pour les entrants dans son pays ainsi qu’un confinement pour endiguer la propagation du virus. Sa politique sanitaire est qualifiée de “hard and early” (dure et précoce). De plus, dès avril 2020, elle annonce à l’ensemble de son gouvernement que les salaires des hauts fonctionnaires seront baissés de 20% pour soutenir l’économie du pays. Jacinda Ardern s’impose comme une femme d’action. 

Une femme avant tout 

Première Ministre, oui, mais elle n’en reste pas moins une femme. Il s’agit de la troisème femme Première Ministre de la Nouvelle Zélande. Lors de son investiture, nombreux sont ceux qui questionnaient la compatibilité de sa volonté d’avoir un enfant et du pouvoir exécutif. Face à ses détracteurs, elle a prouvé en 2018 qu’être mère et gouvernante était tout à fait possible. Engagée dans l’égalité des genres, elle illustre avec brio le quotidien d’un grand nombre de femmes. Elle est la deuxième exécutive au monde à donner naissance à un enfant en étant au pouvoir, mais elle reste d’une humilité remarquable : 《 I don’t want to appear to be superwoman because we should not expect women to be superwomen 》. (“Je ne veux pas resembler à une superwoman parce qu’on ne devrait attendre d’aucune femme d’être une superwoman.”)

La gouvernante a les pieds sur terre. Fière de son identité néo-zélandaise, elle se présente lors de nombreux discours et même devant la reine d’Angleterre en tenue traditionnelle maori. Elle prononce également plusieurs discours en langue maori et montre ainsi qu’elle souhaite représenter tous les insulaires. 

Consciente des limites de l’être humain, elle se revendique comme ayant le “syndrome de l’imposteur” et se remet sans cesse en question. Attachante, compatissante et empathique, elle n’en garde pas moins un véritable mordant pour les combats qui lui tiennent à cœur. Elle se bat pour les droits des homosexuels depuis 2005 et contre la pauvreté infantile depuis son entrée en politique. Elle cherche à établir une ligne de conduite politicienne qui concorde avec sa ligne de conduite et sa morale en tant qu’être humain. 

En 2020, elle réussit à s’imposer une nouvelle fois sur la scène politique et remporte un deuxième mandat avec 55% des voix. Populaire, humaine, forte, incisive et activiste, elle est le nouveau visage de renommée mondiale de la Nouvelle Zélande et n’a pas fini d’impressionner. 

Clémence VERFAILLIE-LEROUX

Couverture : La Première ministre Jacinda Ardern lors d’une conférence de presse à Wellington le 28 janvier 2020.©AP Photo/Nick Perry

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