La loi Vidal, une loi pas chocolat ?

Étudiants ou membres du corps enseignant, la situation actuelle questionne nos universités. Le mécontentement gronde et la fronde commence avec Tolbiac (Paris 1) qui en était la tête de gondole. Mais qu’est-ce qui justifie cette colère ? Quelle est son origine ? De qui vient-elle vraiment et pourquoi ? Pour l’instant la réponse nous paraît tout sauf complexe… Des allergiques à la sélection qui enragent à la vue de la loi Vidal votée récemment par le Parlement. Est-ce si simple ? Voilà quelques informations pour tout comprendre.

Le 9 avril 2018, nous lancions un sondage sur la loi ORE et le contexte actuel des mobilisations. Après avoir récolté plus de 1000 réponses, majoritairement d’étudiants de Sorbonne Université, nous souhaitons offrir aux principaux concernés les moyens de comprendre pourquoi la ligne entre partisans et révoltés n’a jamais été si floue, voire inexistante. Les réponses des sondés ont été traitées de la manière suivante : analyse du degré de mobilisation des étudiants, du degré d’information, de connaissance et d’adhésion vis-à-vis des mesures :

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68% des non ou peu mobilisés se disent très informés sur la situation présente et sur la loi. Premier paradoxe : 43% de ces personnes suffisamment informées et peu mobilisées, ne savaient pas que la loi projette la suppression du régime étudiant à la sécurité sociale…

Une grande majorité des sondés pense que c’est aux étudiants et aux universités de réformer l’éducation (60%). Mais en observant les 11,5 % qui pensent que c’est uniquement un travail pour le gouvernement, on se rend compte que les deux tiers d’entre eux font partie des « moins informés »… Au sein de ces mêmes 11,5 %, deux tiers d’entre eux pensent qu’il relève également du rôle de l’État de gérer les discussions entre les syndicats et les universités. Mais allons plus loin, 72% des non mobilisés ne sont pas au courant de telles discussions…

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Les deux tiers des sondés souhaiteraient que l’éducation supérieure privilégie davantage le droit de chacun à choisir sa formation, plutôt qu’une potentielle insertion professionnelle. Les étudiants sont en désaccord majeur avec cette vision productiviste du supérieur, destiné à répondre aux besoins du « marché du travail ». Sentiments qui ne sont qu’amplifiés par la possibilité de sélection permise par la loi, qui pourtant réfute le terme. En effet, 76% des sondés considèrent que cette loi introduit la sélection, et donc l’élitisme méritocratique dans l’enseignement supérieur républicain.

Une majorité fait reposer la faute sur le nouveau site, Parcoursup, qui par son traitement des dossiers (considéré comme inefficace par 55% des sondés) approfondit les sélections et donc les inégalités sociales. Et pour confirmer ce fait, 69% des participants au sondage voient cette loi comme un amoindrissement de l’égalité des chances dans l’éducation.

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De là à savoir si le gouvernement voit l’université brûler et regarde ailleurs, ou si les contestations ne sont que les prémisses d’un mai 2018, cela semble compliqué. Ce qui est sûr, c’est que les étudiants se battent tous pour que leurs études ne soient pas « en chocolat »…

Tim PETIT d’après le sondage de Mathias ROOS (Sorb’On)

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