Le complexe du sauveur blanc

Le volontourisme a vu son nombre d’adeptes s’accroître considérablement ces dernières années. Malgré des intentions de départ honorables, ce type de tourisme peut engendrer des effets pervers s’il n’est pas géré correctement sur le terrain.

De nos jours, nombreux sont ceux (notamment les jeunes) qui souhaitent lier voyage et solidarité en faisant du volontourisme. C’est-à-dire partir pour une courte durée dans un pays étranger afin d’aider les populations locales. Jusque-là, rien de gênant. Cependant, ce genre de tourisme ne fait pas l’unanimité dans le monde des ONG. Notamment du fait du business créé par les agences de tourisme qui se remplissent les poches sans forcément en faire profiter les populations locales. Au-delà de ce phénomène, ces voyages peuvent avoir un impact négatif notamment lorsque les volontaires font bénévolement ce que pourraient faire des locaux contre rémunération, privant alors ces derniers d’une source de revenus.

Un autre point mis en avant par les critiques est l’utilisation des réseaux sociaux par les volontaires. En effet, ces derniers utilisent beaucoup ce médium en y diffusant des photos de leur mission et notamment des personnes à qui ils viennent en aide. Partant d’un bon sentiment de sensibiliser leur entourage, ces publications finissent par faire ressortir une image de faiblesse voire d’impuissance des populations locales qui sont montrées comme ne pouvant se passer d’une aide extérieure. En cela, le bénévole se montre comme le « sauveur » et renforce les stéréotypes attachés à ces populations.

Pour tenter de remédier à ce problème, l’association SAIH (association norvégienne qui promeut l’éducation) a créé « un guide des réseaux sociaux pour les volontaires et les voyageurs »  qui énonce quatre principes fondamentaux pour communiquer correctement lors d’une mission humanitaire. Il s’agit de promouvoir la dignité de l’autre, d’obtenir un consentement des personnes photographiées, de questionner ses intentions et de casser les stéréotypes existants.

Ainsi si partir à l’autre bout du monde vous tente, foncez ! Mais renseignez-vous bien en amont et lisez ce petit guide avant de partager votre expérience.

Laure DEFONTE

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