Témoignage d’une année en… Suède !

La rédaction vous propose de voyager à petit prix cet été, en immergeant dans les témoignages d’étudiants qui reviennent d’une année à l’étranger. Pour ce deuxième épisode, c’est au tour d’Euriel de dévoiler son carnet de bord en Scandinavie. 

 

Tack så mycket Sverige  !

 

12 Mai 2018. Ça y est les résultats Erasmus sont tombés. J’ai mon 8ème choix, je pars donc un an à Göteborg en Suède. La Suède, le pays d’IKEA, d’ABBA, des aurores boréales, des grands blonds aux yeux bleus !  Bon, la Suède ça me plaisait bien, mais je n’avais absolument jamais entendu parler de Göteborg… Un petit tour sur Wikipédia pendant la pause déjeuner : l’évènement majeur à l’air d’être le salon annuel du livre…

Une dizaine de jours après, j’apprends que je n’ai pas eu de logement et que je vais donc passer mon été à répéter que je suis une « clean, tidy and quiet person » sur les multiples groupes Facebook censés nous aider à trouver un toit.

25 août 2018. C’est le grand jour, le grand départ, je n’ai toujours pas de chambre mais bon je trouverai bien une solution.

A peine arrivée à Göteborg, je peux vous confirmer le premier cliché assez répandu : tout le monde est grand, blond, aux yeux bleus. Du haut de mon mètre soixante et brune, je fais assez exotique finalement. Autre détail, tout le monde est poli, très poli ;  du genre à s’arrêter pour te laisser passer au passage piéton. En tant que bonne parisienne, il m’a bien fallu trois mois pour réaliser qu’effectivement je pouvais traverser sans courir ni risquer ma vie aux passages piétons.

Côté météo, ce n’est pas si terrible après tout, c’est même très agréable. Je suis cependant prévenue lors de la réunion d’information que l’adage de la Suède est : « il n’y a pas de mauvais temps, juste de mauvais vêtements ».

Je trouve finalement un logement avec de super colocataires ! Comme souvent en échange Erasmus, on ne passe pas beaucoup de temps avec des locaux. C’est donc en Salsa et tagliatelles à la carbonara que je me suis spécialisée, plutôt qu’en Floorball (une sorte de hockey, mais ne dites jamais ça devant un suédois, il le prendrait mal). L’apprentissage du suédois n’a pas non plus été mon fort, je pense dorénavant connaître quatre mots, ceux de mon titre (“merci beaucoup la Suède…”).

Première descente à la poubelle, il y en a sept. J’avais déjà du mal à trier dans les trois malheureuses poubelles que l’on a en France, là je n’étais clairement pas prête ; mon premier voyage au sous-sol a bien dû durer 45 minutes.

Première soirée et première quête pour trouver de l’alcool. La vente d’alcool est en effet interdite dans les supermarchés et il faut aller dans des magasins d’état spécialisés. Ils sont ouverts jusqu’à 19h en semaine, 15h le samedi et fermés le dimanche. Si tu prévois ta soirée à 16h le samedi, ce sera donc sans alcool, la fête n’en sera que plus folle!

Au bout d’un mois à me baigner dans tous les lacs et à pouvoir pique-niquer où je veux,  j’ai pris ma décision, je veux venir habiter ici ! En effet, la Suède a ce merveilleux droit d’accès à la nature, l’Allemansrätt, qui permet à tous de profiter de la nature et de ce qu’elle prodigue, indépendamment du concept de propriété privée.

Je me rends vite compte de l’effet que la Suède a sur moi. C’est un mode de vie à part, plus responsable, plus égalitaire, respectueux et surtout le remède ultime contre le stress.

Par contre, il faut environ passer sept ans sur une liste d’attente avant de trouver un contrat de location dans la ville. Je m’en préoccuperai plus tard.
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25 octobre 2018. Un e-mail de mon école arrive pour nous mettre en garde. Ils nous conseillent de sortir dès le moindre rayon de soleil, d’éviter de rester seul et proposent une aide psychologique pour passer l’hiver. Dans quoi me suis-je embarquée …?

En effet, fin octobre en Suède c’est le début du froid, de l’hiver, de la neige et surtout du manque de lumière ; et pour cela, je n’étais pas prête. Imaginez le pire hiver que vous ayez vécu, et bien là, c’est pire. En quelques semaines, il fait nuit à 15h, durant deux mois vous ne verrez jamais la lumière du soleil. Un petit conseil, si l’envie vous prend de tenter l’expérience, n’oubliez pas le shot de vitamine D, que j’ai malheureusement pris trop tard.

L’hiver a aussi ses bons côtés : les paysages enneigés et surtout les fikas à répétition (l’équivalent du « prendre un  verre » français). Le fika est un moment convivial où l’on se retrouve autour d’une boisson chaude et de pâtisseries (idéal pour un date). L’hiver, c’est aussi le patin sur les lacs gelés, la Laponie et les aurores boréales, la célébration de Noël, qui est très importante dans les pays scandinaves… Mais l’envie de venir m’installer ici m’est quand même passée.

15 mars 2019. Quelques timides rayons de soleil apparaissent ! Les suédois qui ont hiberné tout l’hiver ressortent, et en manches courtes s’il vous plaît, bien qu’il ne fasse que 5 degrés.

17 Mai 2019. La météo s’améliore ; et comme m’a dit très justement un français habitant en Suède, le suédois est amnésique ! Il oublie très vite les hivers dès que l’été arrive, et c’est ce qui lui permet de recommencer chaque année.

Pour profiter du printemps et du début de l’été, il faut aussi apprendre à se baigner dans de l’eau à moins de 15 degrés, mais franchement après un hiver pareil, c’est mieux qu’à Tahiti. C’est aussi le retour des pique-niques, des day parties (concept très intéressant), du jour qui ne se couche jamais, des barbecues au beau milieu d’îles paradisiaques ou aux abords de lacs au fin fond de la forêt. C’est de loin le meilleur moment de l’année, mais malheureusement, c’est aussi bientôt la fin.

20 juin 2019. Retour à Paris. En nouvelle adepte du Flygskam, concept né en Suède pour lutter contre l’avion et favoriser les autres moyens de transport, j’ai choisi de passer 25 heures dans un Flixbus, qui se sont transformés en 30 heures de bus et un abandon à Bruxelles. Mais bon, la conscience écologique n’a pas de prix, n’est-ce pas ?

A peine arrivée, tout le monde est étonné de mon bronzage, eh oui, on bronze en Suède!

Je reviens à présent de Suède en étant un peu psychorigide du tri sélectif, capable de me baigner dans toute eau – si possible inférieure à 15 degrés -, l’esprit bien plus libre et apaisé, des voyages magnifiques en tête, des rencontres irremplaçables et surtout des aurores boréales plein les yeux.

N’hésitez donc plus, partez en Erasmus pour un pays scandinave !

 

Euriel SEGUIN

3 réflexions sur “Témoignage d’une année en… Suède !

  1. Depuis longtemps, je rêve de m’y envoler, enfin, plutôt d’y aller en Flixbus (vive le Flygskam). Ce témoignage m’invite encore davantage.
    Bureau des mobilités, préparez-vous à recevoir mon dossier !

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