L’écologie : drapeau du rassemblement en Europe ?

L’institution d’une Haute Autorité nouvelle, dont les décisions lieront la France, l’Allemagne et les pays qui y adhéreront… réalisera les premières assises concrètes d’une Fédération européenne indispensable à la préservation de la paix”, déclare – espère plutôt – Robert Schuman, un des pères fondateurs de l’Union européenne, en 1950.

Il prône la construction d’une Europe forte et unifiée, inexistante aujourd’hui pour une grande partie de ses citoyens. Dans l’Europe de Schuman, il n’est guère question d’écologie. Les actuels mouvements de jeunes pour le climat, repris dans plusieurs pays de l’Union, 70 ans plus tard, tentent d’unifier une partie de la jeune génération européenne au delà des frontières nationales, et autour d’un constat devenu consensus : les gouvernements sont inactifs face à la question climatique. Si au sein de ces mouvements, l’importance de la question écologique est indiscutable, tel n’est pas toujours le cas au sein des partis politiques.

Si chez certains partis, comme le Parti socialiste européen ou encore le Parti vert européen, personne ne contredira qu’il est nécessaire d’aller dans le sens de la défense de l’environnement, les problématiques climatiques ne sont pas encore une des priorités dans tous les programmes. Et parmi les partis ayant ancré les mesures écologiques dans le leur, il est encore difficile de distinguer l’installation pérenne d’une conscience écologique et la tentative de rallier à leur cause les électeurs “écolos”. Les disparités subsistent entre les partis, mais aussi entre les pays de l’Union. Le Luxembourg est le pays européen émettant le plus de gaz à effet de serre par habitant, soit 18,7 tonnes. Il est suivi de l’Estonie, puis des Pays-Bas. La Lettonie et la Roumanie, avec leur 3,5 tonnes par habitant, sont les bons élèves de l’Union. La France est inférieure à la moyenne européenne, avec 6,7 tonnes par habitant. Alors que la question de la protection de l’environnement est considéré comme « importante » ou « très importante » par 94% des Européens, le chemin est encore long pour en faire une priorité transnationale.

Les pays européens ont peiné à trouver un accord quant à l’accueil des migrants. La France et l’Italie ont montré le mois dernier leurs désaccords. Le Brexit ne se fatigue pas d’être brandi sur les Unes médiatiques. Alors que l’unification de l’Europe rencontre de nombreux obstacles, la question écologique pourrait-elle devenir le drapeau de son unification ? Si le chemin du côté des élus et partis semble encore long, du côté citoyen, il faudra parvenir à fédérer plus largement. La cohésion qui émerge au niveau européen concerne des jeunes d’ores et déjà engagés des pays les plus aisés de l’Union. “Les premières assises concrètes d’une Fédération européenne indispensable à la préservation de la paix”. Ne devrait-on pas ajouter aujourd’hui “indispensable à la préservation de la paix et de l’environnement” ? Là où l’UE a permis d’effacer les conflits, elle doit maintenant s’atteler au chantier écologique, en installant celui-ci comme un consensus.

La question se pose alors : que fait l’Union Européenne pour la Transition écologique ?

Le salaire des agriculteurs, qui représente 72% du budget agricole de l’UE, ne leur est versé que s’“ils respectent des règles strictes en matière de sécurité alimentaire, d’environnement, de santé et de bien-être des animaux” selon un rapport de la Commission européenne en 2018. Plus largement, l’UE intègre la question climatique à sa politique, allouant 20% du budget 2014-2020 à des initiatives pour le climat. Au total, pour la période 2014-2020, 3,4 milliards d’euros sont prévus au niveau européen en faveur de l’environnement et du climat. D’ici 2020, l’Union s’est engagée à réduire de 20% les émissions de gaz à effet de serre par rapport à 1990, et à utiliser au minimum 20% d’énergie provenant de sources renouvelables. Pour atteindre ces objectifs, la Commission européenne a créée une Union européenne de l’énergie, visant à garantir une énergie sûre, abordable et durable. Outre ces mesures, L’UE veut jouer “un rôle moteur dans la lutte mondiale contre le changement climatique” et inciter la communauté internationale à respecter les accords de Paris de 2016.

Margot BRUNET

 

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