Le libéralisme et l’écologie

Un libéralisme pouvant évoluer pour le bien de l’écologie

Le libéralisme et le capitalisme sont souvent considérés (et à juste raison) comme les responsables du changement climatique. La doctrine du capitalisme, associée à la volonté de produire toujours plus, a entraîné une société de surconsommation qui épuise les ressources de la Terre. Jusqu’à maintenant rien de nouveau.

Alors pourquoi ne pas abandonner le tandem libéralisme/capitalisme du XXe siècle et trouver le modèle du siècle nouveau ? Malgré ses défauts évidents, le libéralisme mondial a entraîné la plus longue période de prospérité et de paix dans l’histoire de l’humanité, un succès non négligeable. Alors au lieu de mener une révolution idéologique, il faudrait plutôt repenser le libéralisme pour y intégrer le défi du siècle : la sauvegarde de l’écologie, et accessoirement de notre propre espèce.

Pour rappel, le libéralisme promeut la libre circulation de personnes, d’idées et de capital avec le moins d’intervention étatique, tout pouvant être échangé sur le marché. Pour que ceci fonctionne, l’État doit tout de même être garant de certains droits : les libertés individuelles (expression, circulation, croyances…) ainsi que le droit à la propriété privée. Alors pourquoi ne pas créer une « liberté universelle à la survie », ou plus simplement une protection écologique, et orienter notre modèle de conception dans ce sens ? Il ne s’agit pas non plus d’un projet utopique, des applications concrètes existent déjà.

En Californie par exemple, cela fait déjà plusieurs années que les entreprises polluantes sont lourdement taxées. Pourtant, les entreprises justifiant leur recyclage se voient offrir une réduction d’impôt, créant ainsi une certaine loi de l’offre et de la demande. Cette politique du « Zero Waste » connaît un franc succès et coûte beaucoup moins cher à l’état que la simple incinération des déchets, comme on le fait en France.

De plus, il ne faudrait pas sous-estimer le pouvoir de l’individu dans une démocratie libérale. Avec des changements de comportement et des boycotts, les citoyens ont le pouvoir de modifier le marché. La consommation de viande a par exemple chuté de 12% en dix ans en France (selon une étude du CRÉDOC en 2018), ce qui serait dû à un changement de régime alimentaire par les jeunes. Il ne faut donc pas s’attendre à ce que l’État change tout, chacun est tout aussi responsable de ses actions.

Alexandre Folliot

Le libéralisme, modèle à l’encontre du développement durable

Le modèle économique actuel impose aux nations et aux entreprises d’être en perpétuelle croissance. Nous sommes incités à toujours produire plus, à toujours consommer plus. Cette nécessité aberrante, dans un monde aux ressources finies, amène le système à régulièrement imploser en crises financières, comme celle de 2008. Si ce régime chaotique ne suffisait pas semble pas suffire à nous écœurer d’un appareil déréglé, nous constatons, depuis quelques décennies désormais, les conséquences de cette activité sur notre environnement. Face à ce désastre, quelles portes de sortie nous laisse le libéralisme ? Le salut de notre espèce résiderait pour les libéraux dans l’action du consommateur éclairé. Pour eux, si un produit est néfaste, même s’il est peu coûteux, les individus ne l’achèteront pas.

Malgré toute la bonne volonté et tous les étiquetages du monde, quel genre d’être omniscient serait capable de deviner ce qui pollue le moins entre des fruits bio, mais importés d’Afrique, ou leurs équivalents produits localement, mais arrosés de pesticides et emballés sous plastique ? Ces dilemmes ne peuvent être résolus par le consommateur. Une solution simple serait alors d’interdire à la vente les produits dangereux pour la planète. Malheureusement, cela irait à l’encontre des principes de libre échange et de libre concurrence prônés par le libéralisme. Ce modèle écarte toute transformation de la société en embourbant l’écologie sous l’abstraction du développement durable.

Celui-ci, mille et une fois rabâché à nos chères têtes blondes en cours de géographie, se veut responsable, mais ne cesse de prôner de continuer à consommer. Ainsi les reports systématiques de l’année d’interdiction du Glyphosate sont imposés par des lobbieslobby qui souhaitent une transition la plus en douceur possible vers l’agriculture biologique. Dans un monde où le dérèglement climatique s’amplifie, une doctrine si inerte est caduque. Cette lenteur candide reste complètement déphasée avec les phénomènes climatiques observés, qui ne nous laissent que de très courtes années pour enrayer la catastrophe.

Le libéralisme n’est pas seulement la cause du dérèglement climatique, il est aussi l’abcès qui gangrène toutes les volontés œuvrant pour transformer notre société. Après des années de respect religieux de ce dogme, il est temps de le dépasser. Notre ambition ne peut être polarisée dans une autre direction que celle des activistes des marches et blocages pour le climat, qui scandent à perte de en perdre la voix : « Assez ! Assez ! Des intérêts privés, qui gouvernent le monde et violent nos libertés ! »

Guillaume Moinard

Crédit : Rolando Cruz

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