La pisciculture, pour ou contre ?

POUR 

L’aquaculture, comme la pisciculture, se présente comme une alternative éco-responsable à la surpêche. En 2011, elle constituait 50% des apports en poisson pour la consommation humaine, selon l’INRA (Institut national de la recherche agronomique).

Mais en quoi consiste cette pratique ? Il s’agit simplement d’un élevage d’une espèce aquatique dans un espace donné, selon des normes environnementales et sanitaires (définies depuis 2013 par le Règlement du Parlement européen et du Conseil relatif à la
santé animale). Cette technique possède déjà des domaines de prédilection : la culture de poissons, notamment herbivores et d’eau douce, de crustacés ou encore d’algues. De plus, les espèces sont élevées dans un environnement clos, soit par un système de bassin, soit par un système de filets qui délimitent la zone de culture (ce qui tend à se développer pour la culture du thon). Cela permet de gérer la croissance de la population, mais aussi de contrôler plus facilement la santé des êtres vivants, tout en utilisant moins de ressources qu’un élevage terrestre. Ainsi, une telle pratique
possède moins de risques sanitaires et environnementaux que la pêche intensive.

La santé des populations est également contrôlée par des mesures sanitaires strictes garantissant un meilleur rendement, mais aussi un apport nutritif plus important pour les consommateurs. En France, il existe même un label bio AB (Agriculture biologique), accordé par le Ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation, à la pisciculture de la crevette, de la daurade, du maigre, du bar ainsi que de la truite.

Certes, la pisciculture privilégie l’élevage de poissons d’eau douce, mais elle se développe également en haute mer. Ces cultures aquacoles représentent un véritable atout au niveau environnemental à l’échelle mondiale. La limitation de la surpêche et la préservation de la biodiversité marine sont donc les principales qualités de cette méthode. En évitant une pêche intensive sur les populations sauvages, l’aquaculture permet à celles-ci de se renouveler. Elle reste donc à ce titre un moyen efficace de préserver les espèces du large, ainsi que les crustacés, en mettant en place un élevage réglementé sur des points précis, bien que cela soit encore expérimental.

En somme, la pisciculture représente une véritable alternative positive à la surpêche, notamment en eau douce, mais également en haute mer.

Clémence Verfaillie-Leroux

 

Contre 

Pour la satisfaction de ses besoins devant la croissance démographique et l’essor industriel, l’Homme exerce une forte pression sur les milieux naturels ainsi que sur les ressources halieutiques. Cette situation menace gravement les équilibres de la planète. La pisciculture est présentée généralement comme la solution qui permettra de sauver nos océans du problème de la surpêche. Bien souvent, seuls les avantages sont mis en avant, et les inconvénients sont laissés dans l’ombre. Pourtant, ils peuvent avoir de graves répercussions sur l’environnement.

Tout d’abord, la pisciculture, qualifiée d’« intensive », où la nourriture est apportée en majeure partie par l’Homme, est une réelle source de pollution. En effet, une grande partie ne va pas être consommée par les poissons et sera donc gaspillée en sédimentant au fond de l’eau. Alors qu’elle n’est pas consommée, elle va par conséquent se dégrader et libérer dans le milieu avoisinant les produits de formations de cette alimentation riche en éléments inorganiques. Les principaux éléments inorganiques libérés seront surtout l’azote, le phosphore et le soufre. Ensuite, triste est à constater que personne n’a l’air de se soucier de l’état de santé des poissons dans tout cela… Comme pour les animaux terrestres, la production de chair animale repose massivement sur des méthodes imposant des conditions de vie insoutenables aux animaux. À titre d’exemple, les poissons sont entassés dans des cages ou des bassins immergés à des densités énormes, favorisant le stress et la propagation de maladies. Combien de poissons présentent des blessures aux nageoires ou à la queue, voire des problèmes de vue allant jusqu’à la cécité, à votre avis ? Aujourd’hui, la réalité est que les animaux sont fréquemment infestés de parasites, que les poissons sont affamés et privés de nourriture les jours précédant leur abattage afin de vider leurs intestins… Alors, pensez-y sérieusement !

C’est dans ce contexte qu’en juin 2006, une recommandation du Conseil de l’Europe au sujet de la santé et du bien-être des poissons d’élevages est entrée en vigueur. Or en 2016, l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE) a renouvelé ses recommandations sur le bien-être des poissons, constituant le code sanitaire aquatique. Néanmoins, ces recommandations n’ont aucune valeur légale. Alors que les animaux terrestres sont déjà fort peu protégés, il n’est guère étonnant — et à regret — que les poissons fassent partie des animaux d’élevage les moins protégés. Enfin, concernant le bien-être des crustacés, la réglementation est évidemment totalement inexistante.

Garance Sauderais

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