Les rêves lucides

Le sommeil occupe un tiers de nos vies ; des heures, chaque jour, qui se cumulent en années. Des heures qui peuvent paraître comme une perte de temps, qui dévorent nos journées, et qui nous empêchent de réaliser nos rêves.

Mais la nuit aussi, on « fait » des rêves, sans le vouloir, on s’en souvient quelques minutes, ils sont étranges, mais le réveil a sonné et c’est l’heure de la réalité.

Prenons ici le temps de rêver, d’apprécier ces rêves et de les vivre, en toute lucidité.

Les rêves lucides depuis l’Antiquité

Les rêves lucides ont été mentionnés explicitement pour la première fois durant l’Antiquité : « Dans le sommeil, si l’on a conscience que l’on dort et si l’on se rend compte de l’état qui révèle la sensation du sommeil, il y a l’apparence, mais il y a quelque chose en soi qui dit que c’est l’apparence de Coriscus et non Coriscus lui-même. » Aristote, Des rêves. (Coriscus est lui aussi un disciple de Platon)

Décrits dans différents textes et dans différentes civilisations au cours de l’Histoire, c’est seulement au XIXème siècle que les rêves lucides commencent à être étudiés et précisément définis. Simplement : « un rêve lucide est un rêve dans lequel le sujet est conscient de rêver » selon Celia Green, philosophe britannique.

La première preuve de l’existence des rêves lucides date de l’expérience menée à l’université de Hull en Grande-Bretagne en 1975. Le patient et les chercheurs ont convenu d’une séquence particulière de mouvement des yeux que le sujet devait effectuer durant un rêve lucide, cette séquence a été enregistrée par électro-oculographie durant une phase de sommeil paradoxal du patient. Cette expérience a ensuite été reproduite de nombreuses fois selon des protocoles similaires ; il est donc possible d’être conscient durant son sommeil.

Comment faire des rêves lucides ?

Les rêves lucides existent donc, nous les faisons exister… mais comment ? Voici un petit guide pratique.

Avant tout, il est nécessaire de préciser que chaque personne est différente, et que le chemin d’accès aux rêves lucides est un long labyrinthe qu’il convient à chacun d’explorer. 

La première étape du rêve lucide est le rêve. Il convient donc de se souvenir le plus souvent possible de ce dont on a rêvé. Pour s’entraîner, il est commun de tenir un journal de rêves (journal papier, bloc-notes ou enregistreur sonore). Plus on écrit des rêves détaillés, plus on accorde de l’importance à ses rêves, plus on s’en souviendra. Il est alors possible de s’endormir avec un rêve dont on se souvient, ou en lisant son journal. C’est en répétant cela et en s’endormant avec la conviction de devenir conscient durant son rêve, qu’arrivent les premières expériences de lucidité. 

C’est ici qu’intervient le principe du rêve lucide, tout est aussi réel que l’expérience que vous faites éveillés ; cependant, rien ne repose sur les informations de vos sens. Ainsi, tout est possible et rien n’est constant, c’est comme ça que l’on peut se rendre compte qu’on est dans un rêve. Il est alors possible, à l’aide du journal de rêves, de repérer les objets ou les événements qui se déroulent dans les rêves mais qui ne sont pas cohérents dans le monde réel, et de se concentrer sur ceux-ci en s’endormant.

Finalement, en prenant conscience qu’on est dans un rêve, on a tendance à se réveiller, tout comme un cauchemar duquel on émerge en sursaut en constatant que tout est faux. Lors d’un rêve calme, et avec de l’entrainement, il est possible de maîtriser cette situation. 

Un rêve lucide, même de quelques secondes, est une expérience unique et très particulière, mais qui demande une grande volonté. Quelques applications cliniques comme le traitement des cauchemars et de la paralysie du sommeil sont très efficaces ; mais les rêves lucides sont aussi une grande source de développement personnel, tout en haut de la pyramide de Maslow.

Pour monter encore plus haut, un extrait des vœux du 1er Janvier 1968 de Jacques Brel : 

« Le seul fait de rêver est déjà très important. Je vous souhaite des rêves à n’en plus finir et l’envie furieuse d’en réaliser quelques-uns. »

De jour, comme de nuit.

Gustave MOREL

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