La fonte des glaces et les découvertes

Dans le monde de la fiction on a souvent rêvé de cryogénie, technique sensée préserver un être pour qu’il puisse traverser le temps sans en porter les stigmates. Bien que cette technologie ne soit pas au point et ne l’ai jamais été, la glace reste, dans la nature elle-même, un moyen incontestable de conserver bien des choses ! A l’heure du réchauffement climatique, ce sont les glaces de notre planète qui se réduisent. Leur fonte massive entraîne bien souvent des perturbations dans l’écosystème marin, réduit la place de la vie terrestre et menace l’équilibre fragile de la vie des îliens. Mais avec ce changement d’état, l’eau laisse paraître certains trésors oubliés.

Depuis quelques années, les découvertes se bousculent dans les pôles, en Norvège, en Russie et dans de nombreux glaciers continentaux. Ces déserts de glace, si impropres à la vie de nos jours, semblent avoir abrité bien plus de mystères qu’il n’y paraît.  

La glace a bel et bien fait son travail de conservation sur des milliers d’années. Mais aujourd’hui, en fondant, elle dévoile ses trésors jalousement conservés. Scientifiques, archéologues et autres spécialistes s’en donnent alors à cœur joie. Cette foule de découvertes ébranle les archéologues du monde entier ! En Norvège, une nouvelle discipline archéologique a vu le jour avec la fonte des glaces, la « glacier archaeology », qui ne peut être pratiquée que d’août à septembre. Fonte des glaces rime avec secrets dévoilés, encore faut-il les trouver et les analyser pour pouvoir enfin les exposer aux yeux de tous ! La fonte des glaces ne fait pas que les révéler, elle les rend vulnérables. C’est ce à quoi s’emploient ces archéologues d’un nouveau genre à Lendbreen. L’une de leur découverte des plus impressionnante est une tunique viking en laine vieille de trois siècles ! De nombreux artéfacts, outils, skis ou autres traîneaux cassés, ont également été révélés.

Mais la fonte des glaces ne révèle pas que des éléments anthropologiques, la glace millénaire disparaît, découvrant bien plus que 3000 ans avant notre époque ! Un village de vikings en Norvège, des dinosaures et une ancienne forêt humide en Antarctique, cinq nouvelles îles pas si nouvelles en Russie ! Autant de découvertes qui se sont révélées aux yeux des Hommes. On retrouve depuis quelques années des mammouths, et même des dinosaures au cœur des glaces de l’Antarctique ! Peut être que les scientifiques de Jurassic Park de Steven Spielberg étaient sur une bien piètre piste avec leurs moustiques enfermés dans l’ambre pour trouver les restes de ces créatures ! Mais il leur fallait attendre la fonte des glaces pour trouver un spécimen presque complet ! Un nouveau dinosaure a enfin été identifié dans la région d’Alberta au Canada. Ce « dragon piégé dans la glace », découvert pour la première fois en 1992, est un reptile volant de plus de cinq mètres, âgé de 76 millions d’années, rien que cela. Les paléontologues ont nommé cette espèce « Cryodrakon », en référence à la série Game of Thrones. Comme quoi, découvertes et fiction ne font que s’alimenter l’une de l’autre.

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Le temps est à la découverte mais l’inventivité des scientifiques n’est jamais très loin. Sur les traces de la fiction, les savants semblent être sur une piste, déjà en 2008, pour cloner des mammouths ! En 2012, des scientifiques russes ont réussi à recréer des pousses de plantes datant de 32 000 d’années. Mais avec les années, de plus en plus de spécimens se retrouvent de nouveau à l’air libre. Ramenés en laboratoire, ils sont également ramenés à la vie ! La biologiste Catherine La Farge confie au Monde qu’avec le réchauffement climatique qui fait reculer les glaciers […], c’est tout un territoire qui est restitué au vivant, un réservoir génétique inexploré qui s’ouvre aux chercheurs, un nouveau monde qui émerge.

L’archéologue Lars Holger Plio parle de son métier en ces termes : « ce n’est pas un travail que vous pouvez faire sans un grand sentiment d’appréhension ». Aujourd’hui, la sonnette d’alarme est tirée face à l’accélération de la fonte des glaces. Les découvertes glacières sont certes de véritables trésors, mais les archéologues sont pleinement conscients des limites du phénomène. Ils sont découvreurs, mais ont également un rôle de témoins et de lanceurs d’alerte climatique essentiels. Une double casquette qu’il nous faut impérativement écouter.

Clémence VERFAILLIE-LEROUX 

 illustration couverture : Jérémy TOURAILLE 

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