Représentation du corps dans le sport

Que vous soyez passionnés de sport ou non, vous êtes-vous déjà attardés sur les corps des participants et participantes, au-delà de leurs performances  ? Quelle place accordez-vous à leur corps, qu’il soit féminin, masculin, musclé ou fin ?

La représentation du corps dans le sport a évolué au fil des siècles et est très différente selon la discipline , le pays d’origine du candidat ou encore selon le sexe.

Histoire

Une importance toute particulière est déjà apportée au sport avant notre époque, notamment à Rome, à Byzance, en Grèce, en Amérique précolombienne, en Asie ainsi qu’en Occident médiéval puis moderne. Pour les humanistes du XVIe siècle, l’éducation physique est tout aussi importante que la stimulation intellectuelle. Pendant la Renaissance, Montaigne et Rabelais rappellent également les vertus éducatives du sport.

En 2000, l’historien du sport Philippe Lyotard souligne que, pour les Grecs, le corps dans le sport est ritualisé et mis en avant, considéré comme réel modèle culturel et d’inspiration religieuse. Dorénavant, le corps est davantage considéré comme une machine de rendement. Depuis toujours, le corps est ainsi perçu comme un véhicule de l’identité et le sport permettrait alors de façonner son apparence. C’est une manière comme une autre de se montrer et s’exprimer.

Genres

L’homme a longtemps été percu comme ayant une supériorité physique et morale face à la femme, représenté par sa musculture pure et idéale. Chez les Grecs notamment, les athlètes des Jeux Olympiques (JO) pratiquaient la compétition nus et le corps huilé pour faire ressortir leur musculature. Si l’homme est le plus représenté dans le sport, c’est aussi parce qu’il est le seul à le pratiquer : pendant longtemps, les femmes sont tenues à l’écart des pratiques sportives, et ne font l’objet de représentations que très tardivement.

Statues, vases, mosaïques et fresques murales d’autrefois ont laissé place aux magazines et réseaux sociaux actuels. La couverture des différentes disciplines joue un rôle majeur dans le façonnement des normes : aux médias donc d’œuvrer à l’égalité des genres et à une meilleure représentation. Les femmes journalistes intègrent de plus en plus le milieu sportif, et participent à une meilleure représentation des disciplines féminines ou des sportives.

Corps-esprit

Au-delà de l’image du corps, le sport est utilisé comme un moyen identitaire et spirituel. Le lien corps-esprit étant crucial pour la santé et le bien-être, choisir le sport le plus adapté est un pas essentiel face au désir de se créer un corps fantasmé. Aujourd’hui, la relation entre corps et esprit est parfois complexe : au-delà de son aspect salutaire, le sport est vu comme un outil pour sculpter son corps et son image. Une volonté de modifier volontairement son propre corps par le sport doit toutefois être modérée. Le problème n’est pas tant que certains corps soient plus adaptés que d’autres pour pratiquer tel ou tel type de sport, mais plutôt que toutes les morphologies ne soient pas tous représentés. En effet, ce constat conduit à l’émergence d’une nouvelle vague qui veut faire du sport un rituel accessible axé sur le bien-être et non pas sur une course effrénée au corps parfait ». Le mouvement « body positive » promulgue notamment ces valeurs. D’autres initiatives d’inclusion dans le monde sportif cherchent à l’abolir l’inégalité des sexes et des genres ainsi que des “groupes sociaux” dans le sport et dans la mode. Citons en exemple une célèbre marque de sport ayant récemment lancé une campagne représentant des femmes enceintes, ou créant des hijab pour les sportives musulmanes.

Une juste mesure et un regard bienveillant sur les corps et ceux des icônes sportives  sont alors nécessaires afin d’avoir un esprit sain dans un corps sain.

Alice CARLE

Couverture : Phicen/TBLeague Base Body Comparison Shot – Date : 25 septembre 2017 © Ed’s Toy Box

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Sources :

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