Le commerce des roses: un lourd bilan pour la planète

A l’occasion de la Saint Valentin, le 14 février dernier, plus d’un français sur cinq a choisi de dire je t’aime avec des fleurs. Et comme chaque année, la rose rouge était la vedette. 600 millions de roses se vendent en France chaque année, et la majorité des ventes a lieu lors de la fête des amoureux, où leur prix est multiplié par deux. Cette fête génère un profit énorme pour tout le marché de la fleur, des horticulteurs aux fleuristes, mais cette production massive a aussi des conséquences désastreuses pour la planète. 

Des conséquences désastreuses sur l’environnement…

Le marché des roses coupées repose sur une industrie massive répartie sur plusieurs continents. La plupart des fleurs poussent dans des serres gigantesques en Ethiopie ou au Kenya, puis une fois la floraison terminée, elles sont coupées et envoyées à Aalsmer, aux Pays Bas, où se trouve le plus grand marché de fleurs du monde. Ensuite, les grossistes français viennent se fournir à Aalsmer, puis les fleurs sont transportées jusqu’aux boutiques des fleuristes français. Avant de devenir un cadeau pour votre moitié, les roses rouges parcourent donc un immense trajet… Peu de consommateurs sont conscients de cette réalité quand ils achètent un bouquet : les fleurs que l’on achète ne poussent pas en France !

Le commerce de la rose est très énergivore et cause des dommages irréversibles sur l’environnement. Une enquête du journaliste Hugo Clément a par exemple révélé que les serres à roses de l’entreprise Marjoland consomment plus de 70 millions de kWh par an, ce qui équivaut à la consommation de 30 000 habitants. En effet, pour faire pousser des roses toute l’année, il faut énormément de chauffage et d’éclairage dans ces serres immenses. En outre, le transport des roses d’un continent à l’autre consomme aussi beaucoup. 

… et sur la santé

Par ailleurs, pour obtenir une rose rouge à l’apparence parfaite, sans tâches, sans insectes, identique à toutes celles que l’on voit dans les films romantiques, un usage conséquent de pesticides est nécessaire. Ce n’est pas l’apparence naturelle des roses. Les personnes travaillant dans les serres sont donc constamment exposées à des substances toxiques. De plus, les eaux usées des serres sont souvent rejetées illégalement dans les fleuves à proximité, empêchant les habitants de boire ou même de se baigner dans ces eaux polluées. C’est le cas à proximité de la plus grande serre à roses du monde, qui se trouve au Kenya.

Etant donné que les roses ne sont pas des produits comestibles, on oublie souvent de penser aux conséquences qu’elles peuvent avoir sur notre santé. Pourtant, dans un seul bouquet, on trouve 40 substances chimiques différentes, dont certaines sont interdites dans l’Union Européenne, comme le fungicide Carbendazim (possiblement cancérigène). Comme les roses poussent hors de l’Europe, l’utilisation de produits phytosanitaires dangereux comme celui-ci n’est pas illégale. La législation ne protège pas les travailleurs ni les consommateurs, il n’y a pas de contrôles sanitaires sur les roses commercialisées en Europe. Le bilan n’est pas tout rose…

Vers quelle alternative peut-on se tourner?

Il y a récemment une prise de conscience du grand public sur ces problèmes, et de plus en plus de personnes recherchent des alternatives à la rose rouge standardisée. Les comportements des consommateurs pourraient mettre fin à la production massive des roses, si la demande continue de chuter. Certains choisissent de se tourner vers des fleurs de saison (les roses ne poussent pas naturellement au mois de février…), comme des anémones ou des renoncules. On peut aussi se tourner vers des fleurs produites en France, biologiquement : ces fleurs n’auront pas une apparence parfaite et lisse, mais elles auront une odeur naturelle que l’on ne trouve plus dans les bouquets standardisés. 

Et puis, offrir un bouquet champêtre et équitable est une attention originale qui ne manquera pas de faire une agréable surprise à votre moitié!

Rosanna AIRIAU

Sources :

https://www.francetvinfo.fr/societe/saint-valentin/infographies-saint-valentin-d-ou-viennent-les-roses-vendues-en-france_4294665.html

https://www.futura-sciences.com/planete/actualites/nature-roses-14-fevrier-bilan-carbone-aberrant-leur-production-industrielle-85728/

https://www.france.tv/france-5/sur-le-front/3057983-saint-valentin-que-cachent-nos-bouquets.html

Image : ©Pixabay

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