Un sommet symbolique, organisé au cœur de l’Amazonie
C’est ce lundi 10 novembre que débute la trentième édition de la Conférence des Parties
( Conference of the Parties) à Belém, chef-lieu de l’État de Pará , situé au nord du Brésil. Le choix de ce lieu n’est pas anodin, il est symbolique et vise à rappeler l’urgence climatique. Le président Lula est à l’initiative de la tenue de ce rassemblement au sein du « poumon de la planète ». Il souhaite promouvoir son projet, la création du Tropical Forest Forever Fund , fonds visant à subventionner la lutte contre la déforestation tropicale. L’accueil de la conférence dans cet état s’annonce comme un défi ambitieux. En effet, plus de 50 000 participants ainsi que les dirigeants d’environ 160 pays y sont attendus pour une période s’étendant du 10 novembre au 21 novembre.
Un bilan critique
Le déroulement de la COP30 survient dix ans après l’édition la célèbre COP21, qui s’est soldée par la signature par l’Accord de Paris, dans l’objectif du maintien du réchauffement mondial à 1,5°C . Le compte rendu est très éloigné des attentes initiales. Les experts considèrent que cet objectif est à présent inaccessible ; aujourd’hui il est plus question d’une augmentation allant jusqu’à 2,8°C d’ici la fin du siècle, affirme le Programme des Nations Unies pour l’environnement. En outre, les pays signataires sommés de déposer une feuille de route climatique, intitulée « contribution déterminée au niveau national » CDN , tardent à la remettre. Seule une dizaine de
pays , sur plus de 200 a remis cette feuille de route à la date butoir fixée par l’ONU, le 10 février 2025. Ce document, qualifié par le terme de « contribution déterminée au niveau national » dans le jargon onusien désigne en réalité un plan présenté par chaque pays signataire, mis en place afin de réduire drastiquement les émissions de gaz à effet de serre, censé être actualisé tous les cinq ans. Actuellement, plus de 80 feuilles de route manquent à l’appel, relève le groupe de recherche Climate Action Tracker. Parmi ceux qui manquent figurent également des pays parmi les plus grands émetteurs à l’instar de l’Inde ou la Corée du Sud.
L’absence des Etats- Unis , un évènement inédit
La prise de pouvoir de Trump en novembre dernier s’est immédiatement suivie d’un retrait de l’accord de Paris sur le climat , qui avait été réintégré par Biden en 2021. C’est la première fois en 30 ans que se manifeste l’absence d’une délégation officielle de la première puissance mondiale à une COP. La chargée de campagne climat chez Greenpeace, Sarah Roussel, y voit un « très mauvais signal ». Il s’agit en effet d’un État qui joue un rôle clé dans la crise climatique et qui figure parmi ceux émettant les quantités les plus élevées de gaz à effet de serre. Les positions climato-sceptiques du président Trump lui valent de vives critiques. Le gouverneur démocrate de la Californie, Gavin Neswom, qui était présent à Belém, lance :« Donald Trump redouble d’imbécilité ».
Fatma Said
Crédit photographique :
O presidente da COP30, embaixador André Corrêa do Lago, e o presidente da COP29, Mukhtar Babayev, durante a cerimônia de abertura da 30.ª Conferência das Partes da Convenção-Quadro das Nações Unidas sobre a Mudança do Clima (COP30). Parque da Cidade – Belém (PA)
©Ricardo Stuckert https://www.flickr.com/photos/palaciodoplanalto/54914573236/
Sources :
BELLAN Marie, « COP30 : le Brésil lance un nouveau fonds pour lutter contre la déforestation » , Les Echos, 8 novembre 2025, https://www.lesechos.fr/monde/enjeux-internationaux/cop30-lebresil-lance-un-nouveau-fonds-pour-lutter-contre-la-deforestation-2197581, consulté le 10 novembre 2025
RICHIR Camille, «La COP30 s’ouvre au Brésil : les 8 choses à savoir sur ce nouveau sommet international », La Croix, lundi 10 novembre 2025, https://www.lacroix.com/planete/la-cop30-souvre-au-bresil-les-8-choses-a-savoir-sur-ce-nouveau-sommet-international-20251109 , consulté le 10 novembre 2025
ROCHE Noémie, « Absence des États-Unis à la COP30 : coup dur ou chance pour le climat ?», France 24, 11 novembre 2025,
https://www.france24.com/fr/émissions/élément-terre-laquotidienne/20251111-absence-des-états-unis-à-la-cop30-coup-dur-ou-chance-pour-le-climat, consulté le 11 novembre 2025
SAN Louis, « COP30 : bilan de l’accord de Paris, facture des pays développés, lutte contre le méthane… Les enjeux du sommet climatique à Belém », Franceinfo, 9 novembre 2025, https://www.franceinfo.fr/environnement/crise-climatique/cop-climat/cop30/cop30-bilan-de-l-accord-deparis-facture-des-pays-developpes-lutte-contre-le-methane-les-enjeux-du-sommet-climatique-abelem_7527439.html, consulté le 11 novembre 2025 s.n.,
« Climat: l’absence des États-Unis à la COP30 est un « très mauvais signal », selon Greenpeace», 10 novembre 2025, https://www.bfmtv.com/environnement/video-climat-l absence-des-etats-unis-a-la-cop30-est-un-tres-mauvais-signal-selongreenpeace_VN-202511100697.html, consulté le 11 novembre 2025

