2016 : Cambridge Analytica

Pour atteindre l’électorat de notre époque, les partis politiques ont pris conscience de l’importance d’une campagne digitale. Cependant, les moyens utilisés sont douteux : en 2018, Facebook était accusé d’avoir laisser fuiter les données personnelles de plus de 70 millions d’utilisateurs. En cause, une application disponible sur le réseau social, qui récoltait les données et les vendaient à Cambridge Analytica (d’où le nom du scandale). À noter que cette société d’analyse de données a auparavant été employée pour la campagne de Ted Cruz, de Donald Trump et du  Brexit en 2016, entre autres. 

Cambridge Analytica est spécialisé dans le profilage des gens. Le profilage est une pratique déjà répandue pour des fins commerciales, cependant l’utilisation des publicités visées pour influencer nos votes est une pratique récente. Les laboratoires de communication stratégique utilisent des données telles que votre historique, votre localisation, vos amis et vos likes sur les réseaux sociaux par exemple pour faire de la pub. Vous avez sûrement observé que, après votre passage sur Amazon pour la recherche d’un article en particulier, vous retrouvez de la pub pour ce même article sur d’autres sites : Cambridge Analytica se démarque de ce système en utilisant le profilage psychométrique pour faire du micro-targeting.

Le profilage psychométrique utilise des données afin de prédire les comportements psychologiques d’un individu. Telle était la devise de Cambridge Analytica : dresser le profil d’un individu afin de lui relayer des messages ciblés pour modifier son comportement. Ces données peuvent être recueillies par le biais des études scientifiques (psychologie) sous forme de quiz, questionnaires, ou autres.  Le scandale de 2018 découle de ça : l’application “thisisyourdigitallife”, disponible sur Facebook, a trompé ses utilisateurs en leur offrant $4 pour  répondre à un quiz (supposément à des fins académiques), et en étudiant les opinions de chaque personne. Ils ont en réalité vendu ces données brutes à Cambridge Analytica.

Nous sommes incapables de mesurer l’impact réel de l’influence du profilage psychométrique. Nous savons néanmoins que chaque individu fonctionne selon ses expériences, et que l’on peut schématiser, dans une certaine mesure, le comportement d’une personne. L’être humain n’est pas complètement imprévisible et c’est à cela que servent les messages subliminaux. Ceux qu’on peut considérer comme des mineurs de données personnelles l’ont bien compris.

Ashwin SOOBHUG

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