JACOB COLLIER : « LE NOUVEAU MOZART »

Le 26 janvier 2020, lors de la 62ème cérémonie des Grammy Awards, Jacob Collier remporte deux prix : celui du meilleur arrangement, instrumental ou a capella (pour Moon River), et celui du meilleur arrangement, instruments et chants (pour All Night Long avec Jules Buckley, Take 6 et le Metropole Orkest). Il avait déjà remporté deux Grammy Awards en 2017. A seulement 25 ans, le chanteur multi-instrumentiste et compositeur londonien débute une carrière qui s’annonce prometteuse.

Né le 2 août 1994 à Londres, Jacob Collier fait ses débuts en 2011 sur YouTube avec des vidéos a capella — c’est-à-dire sans accompagnement instrumental. Il y reprend des chansons populaires comme P.Y.T. de Michael Jackson, Georgia On My Mind de Ray Charles ou encore Don’t You Worry ‘Bout A Thing de Stevie Wonder qui l’a fait connaître. Il ajuste ces chansons cultes à son panache en les réharmonisant à sa guise, tant sur le plan rythmique que sur les plans harmonique et mélodique. En 2014, il est repéré par le célèbre trompettiste Quincy Jones qui le prend sous son égide. On comprend mieux son talent lorsque l’on apprend que sa mère, Susan Collier, est professeure de musique, violoniste et cheffe d’orchestre à l’Académie Royale de Musique de Londres. Son grand-père maternel a eu un parcours similaire à celui de sa mère.

 

Jacob Collier au YouTube Space LA (2016)

Le mélange des influences et la complexité des harmonies sont sa signature. En effet, Jacob Collier a réussi avec brio à se réapproprier des monuments de la chanson en accomplissant l’exploit d’enrichir des titres tels que In My Room des Beach Boys ou Every Little Thing She Does Is Magic de The Police. Dans son dernier album, Djesse Vol. 2, il offre un panel époustouflant de couleurs musicales avec des compositions originales. Il y a collaboré avec des artistes dont la réputation est déjà établie, comme la chanteuse malienne Oumou Sangaré sur le titre Nebaluyo, ou bien d’autres comme le guitariste Steve Vai sur Do You Feel Love. On notera également les duos fréquents que Jacob Collier propose avec la chanteuse américaine Becca Stevens. Ainsi, la force de sa musique réside dans la connexion inattendue entre des genres très différents, comme la musique traditionnelle africaine et la musique celtique. Son domaine de prédilection demeure de loin le jazz, bien que sa connaissance de la théorie musicale s’étende à la musique classique, à la soul, ou au groove. Ce qui le distingue également des jeunes artistes de son temps est sa capacité à créer un subtil cocktail de fraîcheur par une alliance parfaite de simplicité et de couleur, de connaissance et d’improvisation.

Becca Stevens et Jacob Collier

Becca Stevens et Jacob Collier au festival de Moers (2016)


Jacob Collier repousse les limites de l’harmonie en utilisant des gammes polychromatiques, c’est-à-dire qui ne se limitent pas aux douze notes — allant de do à si — que l’on connaît tous. Celles-ci vont être composées de notes aux fréquences qui se situent entre les notes connues, donc de quarts de tons. Il apporte un réel renouveau dans la musique actuelle et en change les perspectives. Ainsi, Jacob Collier se hisse à la tête d’une toute nouvelle génération de jeunes artistes qui révolutionnent la musique telle qu’on la connaît. Après tout, ce n’est pas pour rien qu’on lui doit le surnom d’ « Albert Einstein de la musique »*.

Antoine COUDOL

*propos de Marc McMillon

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