Printemps scientifique : Neuralink, l’interface cerveau-machine d’Elon Musk

Neuralink, ou la plateforme d’interface cerveau-machine intégrée avec des milliers de canaux : voici le titre qu’Elon Musk et son équipe ont choisi en juillet 2019 pour la première présentation de leur nouveau principe. 

Cette publication parue dans le Journal de Recherche Médicale sur Internet (JMIR) nous apprend que les interfaces cerveau-machines sont prometteuses pour la restauration des fonctions sensorielles motrices ainsi que pour le traitement des troubles neurologiques. Néanmoins, cette technologie est très peu adoptée à ce jour en raison du potentiel limité des canaux. 

Avec Neuralink, Elon Musk souhaite proposer un système évolutif à bande passante, constitué de réseaux de quatre-vingt-seize petits fils d’électrodes flexibles contenant eux-mêmes jusqu’à 3072 électrodes par réseau. Mais cet ingénieur, entrepreneur, chef d’entreprise et milliardaire ne s’arrête pas là. Lui et son équipe proposent également un robot neurochirurgical capable d’insérer dans le cerveau des patients six fils de 192 électrodes par minute [1].

Avec un rendement de pointe atteignant jusqu’à 70% en électrode implantées de manière chronologique, le dispositif a été introduit, grâce à ce robot chirurgien de haute précision, et testé sur deux cochons dénommés Dorothy et Gertrude. L’activité des neurones lorsque les animaux explorent leur environnement a pu être efficacement enregistrée. Cela annonce un futur essai clinique prometteur pour l’humain.

À la question du public : “Neuralink pourra-t-il sauvegarder nos souvenirs et les rejouer ?, Elon Musk répond “ouisans hésiter. En effet, selon lui, son système permettra aussi de traiter une longue liste de pathologies, allant de la dépression à la cécité, en passant par les crises d’épilepsie, l’addiction, l’insomnie ou encore les douleurs intenses.

Comment ? En modulant la communication interneuronale, cette modification est susceptible d’interférer avec les pathologies cérébrales.

Mais une condition persiste : il faut être en mesure de la traduire en symptômes cliniques. Il faut donc comprendre en amont comment fonctionnent les neurones des patients malades et non-malades avant d’être en mesure de moduler leurs connexions afin de restaurer les conditions normales d’un patient sain.

Malgré tous ces résultats positifs, Grégoire Courtine, professeur associé à l’École polytechnique fédérale de Lausanne, mondialement reconnu pour ses avancées révolutionnaires dans le traitement de la paralysie, reste dubitatif. Il décrit cette technique comme “ridicule dans l’état actuel des connaissances et sur la base des technologies qu’ils développent”. Il ajoute qu’il “pense qu’on a déjà fort à faire pour soigner les malades et que ces interventions sont invasives et comportent un risque infectieux non négligeable”*.

Le PDG de SpaceX  verrait-il trop grand ? Le constat reste le suivant : l’homme et sa pucecérébrale aux capacités folles, selon Elon Musk lui-même, partagent le monde et la sphère scientifique [2, 3]. Elon Musk s’arrêtera-t-il un jour ? Seul l’avenir nous le dira.

Alice CARLE

*Elon Musk a testé son implant Neuralink sur des cochons. 1 septembre 2021. Sciences et Avenir.

https://www.sciencesetavenir.fr/sante/cerveau-et-psy/elon-musk-presente-son-implant-neuralink-sur-des-cochons_147095

Couverture : Alice Carle / Visuel réalisé sur ©Canva.

Sources :

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