Printemps scientifique : « Smoke the weed, hey »*, pourquoi ?

Principalement réputé pour son effet récréatif, le cannabis plaît également par sa proscription. Ce qui est interdit attire toujours. Cette drogue reste toutefois mal connue et aurait des vertus thérapeutiques utiles, mises en avant dès le XIXe siècle en Asie et au Moyen-Orient. Mais qu’en est-il en France ? Qu’est-ce réellement que le cannabis ? Peut-il guérir ? Réponses dans cet article. 

Qui est Marie-Jeanne ?

La cannabis est une drogue naturelle et illicite, dite douce, produite à partir de la plante de chanvre indien. Il peut se présenter sous forme de plante séchée (marijuana, ganja), d’extraits concentrés solides (haschisch, résine) ou d’extraits concentrés cette fois-ci liquides (huile de résine). Il est composé de plus de 500 molécules, appelées cannabinoïdes, dont les plus connues sont le tétrahydrocannabinol (THC) et le cannabidiol (CBD).

Le THC est la substance active principale du cannabis. Lorsqu’il est chauffé, le THC se trouvant naturellement dans le cannabis devient psychoactif, il a un effet psychotrope. C’est-à-dire qu’il agit sur le système nerveux et la psyché de l’individu qui le consomme, altérant ses fonctions cognitives ou son affect par exemple.

Le CBD, quant à lui, n’a pas les mêmes propriétés perturbatrices. En effet, cette molécule agit à l’encontre du THC en apaisant le système nerveux : il peut parfois retarder les effets du principe actif ou calmer les risques d’anxiété liés à la consommation de ce dernier. Le CBD a donc un effet sédatif et non psychotrope, et c’est pourquoi il intéresse beaucoup.

Les vertus thérapeutiques du CBD et du chanvre

Il est dit que le CBD, et donc le chanvre plus généralement, pourrait servir de sédatif et aurait des effets sur l’anxiété, le stress, la dépression, les troubles du sommeil, les douleurs chroniques, les inflammations aiguës, les affections neurologiques, les pathologies dégénératives et certaines complications du cancer. Même si son action positive n’est pas encore démontrée de manière stricte à ce stade, il serait également recommandé contre le paludisme, les peines rhumatismales et la constipation, soulageant douleurs et inflammations.

Des produits sont alors réalisés par des professionnels qui gèrent la concentration en CBD et en THC dans ces productions, qu’il s’agisse de médicaments, d’huiles ou de tisanes. Tous ces produits sont généralement et principalement riches en CBD, et l’on parle alors de cannabis thérapeutique ou médical.


Législation et interdiction du cannabis thérapeutique

Si ces produits peuvent être accessibles aux malades, il est néanmoins important de rappeler qu’ils ne guérissent pas mais servent uniquement à soulager certains symptômes, et ceci une fois leurs propriétés psychoactives éliminées. 

Une trentaine de pays autorisent ainsi l’usage du cannabis thérapeutique. C’est le cas de l’Israël, de la Turquie, de la Thaïlande, du Lesotho, de l’Australie, de trente-trois états américains, du Chili, du Mexique, de la Colombie, de l’Argentine, du Pérou et du Canada ; ce dernier ayant également légalisé le cannabis récréatif depuis 2018, tout comme l’Uruguay en 2013.

En Europe, vingt-et-un pays membres de l’Union Européenne autorisent, à divers niveaux, le cannabis thérapeutique. Les Pays-Bas ont légalisé son usage dès 2003, puis l’Allemagne et l’Angleterre ont suivi, mais restent assez strictes quant à sa consommation, ne l’autorisant que pour certains patients dont les autres traitements ne font plus effet.

En France, une expérimentation — retardée à cause de l’épidémie de Covid-19 — va commencer au mois de mars 2021, dans un cadre contrôlé et limité, sur des patients atteints de maladies graves et pour une durée de deux ans. La vente de CBD en tant que médicament reste également interdite en terres françaises. Son utilisation en tant que complément alimentaire est, elle, toutefois autorisée. 

*Smoke the weed, Snoop dogg

Colleen GUERINET

Sources :

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