Pollution Pods : l’exposition qui vous fait respirer !

D’impétueux discours, de longues diatribes ? Non, très peu pour l’artiste Mickeal Pinsky. En marge du sommet pour le climat de l’ONU, qui a eu lieu le lundi 23 septembre 2019, nul discours provocant à la Greta Thunberg ni protestations populaires. C’est en effet par une voie plus artistique que ce dernier a fait le choix d’alerter sur la situation environnementale. Ici cinq capsules de taille humaine en forme de dôme, interconnectées. Baptisée « Pollution Pods » cette œuvre d’art offre une véritable expérience olfactive et immersive pour celui qui s’y engage. Reproduire la pollution de l’atmosphère des grandes villes, telle a été l’ambition de l’artiste. Ainsi, située à New York, au pied de l’imposante tour du siège de l’ONU, les visiteurs s’intoxiquent à petite dose de l’air pollué caractéristique des plus grandes mégalopoles du monde. En passant par une capsule remplie de l’air froid et pluvieux de Londres à l’atmosphère humide et étouffante de New Delhi, les sens des visiteurs sont directement confrontés à la pollution urbaine. Les sensations désagréables de Sao Paolo, Tautra et Pékin viennent compléter cette expérience nauséabonde.

Ce projet où art et science ne font plus qu’un n’a pas été pas une mince affaire. Chimistes et experts olfactifs ont joué un grand rôle dans la reproduction à l’identique de ces atmosphères de gaz toxiques. Ainsi, il est possible de sentir dans ces dômes le dioxyde et le monoxyde de carbone, l’ozone, ainsi que le dioxyde de soufre qui polluent les grandes villes. Rien de mieux pour noircir les poumons…

Pollution Pods ne date pourtant pas d’hier. A l’origine, cette œuvre avait été commandée par l’université de Norvège de Sciences et de Technologie (NTNU) en  2014 dans le cadre d’un projet de recherche nommé « Climart ». Celui-ci était censé examiner comment l’art visuel peut influencer  l’attitude des individus face au réchauffement climatique et à la pollution. En ce jour de sommet pour le climat, et  interrogé par France Info, Mickeal Pinsky présente son œuvre comme « une expérience viscérale » qui « touche les gens plus vite que beaucoup de textes et de grands discours. » Pour lui « ici (ndlr : au siège de l’ONU) le nombre de visiteurs est plus limité, mais ce sont tous des gens qui peuvent prendre des décisions politiques. ».  Ainsi, sensibilisation, prise de conscience et volonté de changement face à la pollution dont nous sommes les seuls responsables sont les principales motivations de son travail.

C’est donc un véritable art sélectif pour pousser les plus influents à agir. Son objectif a-t-il été atteint ? Pour le moment, son œuvre a fait grand bruit, attirant, de ce fait, des grands noms de la vie politique et environnementale tels que la non moins célèbre activiste, Greta Thunberg, la responsable des droits de l’homme de l’ONU, Michelle Bachelet, l’ancienne Secrétaire exécutive de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC), Christina Figeres, et bien d’autres encore…

Il est commun de dire « qu’une image vaut mieux qu’un long discours », mais c’est finalement peut-être avec le nez que nous voyons le mieux !

Inès KHIARI

Pour en savoir plus : https://www.climart.info/pollutionpods

Source image : http://www.michaelpinsky.com/project/pollution-pods/#prettyPhoto

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